La Cabane

La Cabane se déploie dans les interstices, elle investit l'espace-entre.
La Cabane se réfugie sous un meuble, dans un buisson, entre deux arbres.
La Cabane est un espace fantasmé et utopique.
La Cabane est le lieu où la subjectivité se projette, se mue en narration, prend corps dans la fiction.
La Cabane, grâce à ses murs, ses recoins, sa matérialité, offre une matrice à laquelle peuvent s'arrimer toutes formes de récits et de projections, réelles ou virtuelles.
La Cabane est un refuge, une retraite, qui protège.
La Cabane questionne sans cesse le rapport à l'autre, elle offre la possibilité de se soustraire aux regards ou se transforme soudain en lieu de réunion et de partage.
La Cabane s'inscrit dans le temps du récit qui s'y déroule. Les architectes de sa fiction en sont les protagonistes, ils décident de sa fonction en y déployant leurs fantasmes.
La Cabane est lieu d'invention collective, berceau de nouveaux formats, pépinière de formes furtives qui s'installent naturellement entre ses murs, en fonction des besoins et des envies : la créativité n'a besoin de ressembler à aucun pré-requis avant d'être mettre mise en œuvre. Elle est libre et désenclavée.

Dans la Cabane, tout peut être, si le besoin s'en fait sentir.

Alix Desaubliaux & Lucie Desaubliaux

"Le propre de l'art, après tout, n'est pas de se détacher complètement de ses émotions, des sensations, du corps, pour s'envoler dans l'ether de la pure signification, ni de se fermer à la pensée pour se vautrer dans une irrationalité et une amoralité insensées; l'art doit s'efforcer de maintenir le lien ténu, fragile et essentiel qui relie ces deux extrêmes. Associer. Associer idée et valeur, sensation et intuition, cortex et cervelet. "
Ursula K. Le Guin, Le langage de la Nuit. Publication originale 1979