Marielle Macé Verdier, 2019

Nos cabanes

"47% des vertébrés disparus en dix ans, faut qu'on se refasse une cabane, mais avec des idées au lieu de branches de saule, des images à la place de lièvres géants, des histoires à la place des choses. "
Olivier Cadiot

"Tiers Paysage comme tiers état et pas comme tiers monde, précise Gilles Clément. "Espace n'exprimant ni le pouvoir ni la soumission au pouvoir. ""

"Nous-ons accomplissons des "nous", nouons encore, imaginons d'autres façons d'être à plusieurs de se lier, de se toucher peut-être juste de se frôler... On y entend que dans le mot "nous" quelque chose (mais quoi au juste?) se noue, doit se nouer et pourra donc aussi bien se dénouer; on se dit que "nous" est une affaire de liens, d'attachements, de mêlements, d'interdépendance et de dénouements - plutôt que d'appartenance ou d'identification. "

"Faire des cabanes (...) pas pour se retirer du monde, s'enclore, s'écarter, tourner le dos aux conditions et aux objets du monde présent. Pas pour se faire une petite tanière dans des lieux supposés préservés et des temps d'un autre temps, en croyant renouer avec une innocence, une modestie, une architecture première, des fables d'enfance, des matériaux naïfs, l'ancienneté et la tendresse d'un geste qui n'inquiéterait pas l'ordre social... Mais pour leur faire face autrement, à ce monde-ci et à ce présent -là, avec leurs saccages, leurs rebuts, mais aussi leurs possibilités d'échappées.

(...)

Faire des cabanes en tout genres - inventer, jardiner les possibles; sans craindre d'appeler "cabanes" des huttes de phrases, de papier, de pensée, d'amitié, des nouvelles façons de se représenter l'espace, le temps, l'action, les liens, les pratiques. Faire des cabanes pour occuper autrement le terrain; c'est^-à-dire toujours, aujourd'hui, pour se mettre à plusieurs.

Surtout pas pour prendre place, se faire une petite place là où ça ne gênerait pas trop, mais pour accuser ce monde de places - de places faites, de places refusées, de places prises ou à prendre. "