Mois de juin 2026, entre une semaine caniculaire et une autre à se geler les miches, Charles Robinson, romancier, est invité à faire Cabane à son tour. Il s’agit de rencontrer plein de monde, de mondes et d’histoires : une église en transition, une épicerie sociale, un café associatif, des couples et des retraité·es, une gentille dame qui complote des maisons pour les chats, des apprenant·es du français, des champion·nes de ping-pong, and so much more.
Finalement, une petite édition surgit de la découverte d’un collège vidé de ses collégien·nes et des fresques qu’ils ont laissées sur les murs et dans les couloirs au moment de leur départ, mais aussi de deux gamins qui fabriquent des cabanes sous les arbres.
Voici leurs voix entrelacées, retravaillées et déployées.
Pendant trois jours, CABANE a installé un studio radio éphémère au cœur de la Maison de Quartier du Breil.
Habitant·es, jeunes du quartier, artistes, musicien·nes, invité·es de passage, amateur·ices de radio ou simples curieux·ses se sont relayé·es autour des micros pour fabriquer ensemble une matière vivante, collective et mouvante.
Au fil des émissions se croisent discussions, récits personnels, improvisations, paysages sonores, chroniques, ateliers rap, playlists, captations du quartier, créations spontanées, moments de fête, silences, accidents, présences et voix.
Cette semaine de radio n’avait pas pour objectif de produire un programme figé ou une radio “parfaite”, mais plutôt d’ouvrir un espace de circulation et de rencontres. Un endroit où l’on peut parler, écouter, transmettre, tester, raconter, fabriquer ensemble.
RADIO SHOT rassemble aujourd’hui une partie des sons enregistrés pendant cette traversée collective.
Une archive vivante. Un fragment du Breil. Un instant de CABANE.
Fréquence Cabane est une semaine de radio en direct imaginée par Cabane au cœur de la maison de quartier du Breil, à Nantes. Pendant plusieurs jours, un studio radio éphémère s’installe dans le quartier et devient un espace ouvert de création, d’écoute, de transmission et de rencontres.
Pensée comme une plateforme collective et expérimentale, la radio accueille habitant·es, jeunes du quartier, artistes, amateur·ices et curieux·ses autour d’émissions en direct, d’ateliers, de performances sonores, de créations musicales, de prises de son et de discussions improvisées.
Au fil de la semaine, différents formats se croisent : émissions musicales, paysages sonores, récits personnels, captations du quotidien, discussions autour des cultures populaires et ateliers de pratique artistique, notamment un atelier rap mené par Rhyda aka Le Tyro avec des jeunes du quartier.
Entre studio radio, espace de vie et laboratoire sonore, Fréquence Cabane cherche à faire émerger des formes libres et accessibles, où les voix, les sons et les imaginaires circulent librement. Une manière de fabriquer collectivement des récits, des archives sensibles et des moments de partage à travers la parole, la musique et l’écoute.
Dans les quartiers, « la mentale », c’est une force discrète mais puissante. Un état d’esprit fait de débrouille, de solidarité et de principes qui tissent des liens. « C’est cette dynamique collective que j’explore sur scène, à travers les corps, les images et les matières. Comment un territoire façonne-t-il une identité ? Comment l’appartenance dialogue-t-elle avec l’émancipation ? »
Puisant dans son expérience personnelle, Soriba Dabo – issu du quartier Bellevue à Nantes – déconstruit les stéréotypes souvent attachés aux quartiers périphériques et pose un regard à la fois sensible et puissant sur ce qui fait communauté aujourd’hui. Mêlant théâtre, vidéo et création sonore, La Mentale est un projet scénique qui donne à voir et à entendre un territoire dans toute sa complexité, avec ses liens, ses nuances et son humanité.
Résidence en collaboration avec LOLAB (Accueil studio) et 4FEYDER (Prise de son)
CECILE JARSAILLON ET ANTOINE CHAO – Au départ, il y a Guernica
MAISON DE QUARTIER DU BREIL – 13h – Sur inscription
Une histoire familiale et radiophonique de la résistance au fascisme qui commence par une nouvelle écrite par Eduardo Galeano : « Elle avait cinq ans quand elle est partie… ». Un exercice de transmission avec préparation d’une paëlla en rouge et noir qui sera partagée dans la foulée.
Avec Antoine Chao (radiophonie et cuisson du riz) Cécile Jarsaillon (noïse et graphisme) Khia Hemici (documentation et science sociale)
C’était le 26 avril 1937, ma mère Felisa allait bientôt avoir 6 ans. Depuis le balcon de sa maison d’Artxanda, sur la colline qui domine Bilbao, elle a vu passer les avions qui allaient bombarder Guernica. Première utilisation dans l’histoire de la stratégie du tapis de bombe, tristement d’actualité, consistant à terroriser et massacrer la population civile, 60 tonnes de bombes explosives et incendiaires sont larguées en moins de 3 heures par 44 avions de la légion Condor nazie et 13 de l’aviation légionnaire italienne fasciste, avec mitraillage aérien des habitants en fuite. Le 26 avril c’était jour de marché à Guernica… La guerre d’Espagne avait commencé 9 mois plus tôt, le 17 juillet 36 et son père, Tomas, avait rejoint l’armée républicaine en tant que commandant des transmissions, mais sans porter d’arme, selon sa volonté. Condamné à mort sur les ondes de Radio Sevilla, il a combattu jusqu’au dernier jour de la République avant de monter à bord du Lézardrieux, le 29 mars 39, dernier bateau qui quittera le port de Valencia, dernière enclave de résistance républicaine.
LE 04 JUILLET 25 / FESTIVAL M.I.A.M. – ONE SHOT #2
SOFIAN JOUINI – JEDEYA
JARDIN DU 38 BREIL- 18h30
Dans le cadre de M.I.A.M. organisé par LOLAB et du projet CABANE, résidence artistique de territoire menée dans le quartier du Breil, Sofian Jouini présente sa pièce JEDEYA. Guillaume Bariou et Audrey Bodiguel installent quant à eux un plateau radio éphémère pour Fréquence Cabane, la webradio du projet, pour l’ouverture du festival.
Jedeya (danse / 45mn)
C’est autour d’un four taboun et d’un rituel de panification que se joue JEDEYA. Les gestuelles qui composent la pièce sont des distorsions, morphings et fractions de gestuelles paysannes issues de la culture du blé. Gestuelles recueillies auprès de vieilles femmes d’Afrique du nord et du Finistère. Le dénouement de la pièce se fait autour et grâce à l’aliment, convivial et civilisateur qu’est le pain.
Dans le cadre de la fête de Quartier du Breil, CABANE sort son studio mobile de fortune pour sonoriser le jardin du Centre Socio Culturel et en profiter pour réaliser quelques interviews et enregistrer quelques annonces qui deviendront les futurs jingles de la webradio.
Rencontre au sommet entre Danny Dan, musicien habitant depuis 39 ans au Breil et premier propriétaire d’une fender Stratocaster à Nantes, et Cécile Jarsaillon, plasticienne et musicienne (Vison / Parcours Santé). Après quelques jours de résidence partagée, ils nous proposeront un concert intimiste dans un jardin du Breil. Une vidéo capturera le moment réservé à quelques « happy few » du quartier.
Fréquence Cabane – Une semaine de radio au cœur du Breil
Report photo d’une semaine intense au cœur de la maison de quartier du Breil. Pendant plusieurs jours, nous avons installé un studio radio éphémère ouvert aux habitant·es, aux artistes, aux curieux·ses et aux voix de passage.
Entre émissions en direct, ateliers, prises de son, discussions improvisées, musique, récits intimes et moments collectifs, Fréquence Cabane a transformé la maison de quartier en espace d’écoute, de rencontres et d’expérimentations.
Une radio vivante, bricolée et poreuse, traversée par les sons du quartier, les imaginaires des participant·es et l’énergie des présences réunies autour de cette aventure commune.
Retour en images sur cette semaine de transmissions, de voix et de fabriques sonores.
Un immense merci à Julia Briend pour les photographies.